11.09.2017, 15:30  

De la Norvège à Villars-sous-yens, par amour

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Jannike Grand, dans son jardin à Villars-sous-Yens.

 11.09.2017, 15:30   De la Norvège à Villars-sous-yens, par amour

Portrait - Originaire de Norvège, Jannike Grand est arrivée à 24 ans en Suisse à la suite d’un amour de vacances.

pascale siegrist

morges@lacote.ch

C’est sur une terrasse ensoleillée d’un café à Morges que l’on retrouve Jannike Grand. Cette Norvégienne, arrivée en Suisse en 1985 à l’âge de 24 ans, retrace son parcours de la banlieue d’Oslo au bord du Léman. «Tout a commencé lorsque je suis partie en vacances une semaine à Majorque avec une amie de Norvège, alors que nous n’avions que la petite vingtaine. Je me suis retrouvée dans le même hôtel que mon futur mari...

pascale siegrist

morges@lacote.ch

C’est sur une terrasse ensoleillée d’un café à Morges que l’on retrouve Jannike Grand. Cette Norvégienne, arrivée en Suisse en 1985 à l’âge de 24 ans, retrace son parcours de la banlieue d’Oslo au bord du Léman. «Tout a commencé lorsque je suis partie en vacances une semaine à Majorque avec une amie de Norvège, alors que nous n’avions que la petite vingtaine. Je me suis retrouvée dans le même hôtel que mon futur mari et ça a tout de suite été le coup de foudre.»

Mario Grand, joueur de hockey professionnel à l’époque et originaire de Morges, passait des vacances avec son club de hockey au même endroit, au même moment. Il a proposé à Jannike de sortir avec lui un soir et, très vite, les choses se sont enchaînées. Mario est rentré en Suisse, Jannike en Norvège, mais tous deux ont continué à s’écrire et chacun est venu rendre visite à l’autre dans son pays. La relation longue distance a duré encore une année, où chacun apprenait les rudiments de la langue de l’autre, puis Jannike s’est décidée.

Une jeunesse insouciante

«Quand on est jeune, on ne réfléchit pas trop loin, c’est pour ça que je me suis lancée. J’ai pris un congé de six mois à mon travail et je suis venue en Suisse pour étudier le français. Je suis ensuite revenue quelques mois en Norvège et là, il a fallu prendre une vraie décision.» Elle a choisi de quitter définitivement son travail dans une banque en Norvège afin de venir s’établir en Suisse avec Mario.


"Je n’étais pas angoissée à l’idée de quitter le pays"


Lorsqu’on lui demande si elle n’était pas trop stressée à l’idée de faire le grand saut, elle répond simplement: «Je n’étais pas angoissée à l’idée de quitter le pays. Dans ma tête, je partais en Suisse parce qu’il fallait qu’on sache où on en était Mario et moi, et ce qu’était cette relation. Je suis partie dans l’optique de voir où ça me mènerait, sans trop réfléchir, et si jamais les choses n’allaient pas, je rentrerais en Norvège», raconte-t-elle avec légèreté. Les choses se sont bien passées et, 32 ans et deux enfants plus tard, Jannike vit toujours en Suisse avec son mari.

C’est une vie de bohème qui s’en est suivie pour le couple. Mario étant joueur professionnel, ils vivaient là où sa passion l’emmenait. De la Suisse alémanique à Fribourg, en passant par Neuchâtel et Lausanne, le duo n’a pas arrêté de bouger. «C’était une vie assez chahutée. Nous ne restions que quelques années dans une même ville, ce qui ne me donnait pas l’occasion de trouver un travail fixe, ce que j’ai en partie regretté. En Norvège, les femmes sont très indépendantes et presque toutes travaillent."

"Mon père avait d’ailleurs peur que je devienne une femme au foyer inactive en Suisse. Mais la barrière de la langue et tous ces déménagements faisaient qu’il m’était difficile de travailler. Cependant, cette solution était un choix de vie qui m’a apporté d’autres choses, et j’ai ainsi pu m’occuper de mes enfants.»

Besoin de retrouver ses racines

Avec les années qui passaient et l’arrivée de ses deux enfants, Jannike a soudainement ressenti le besoin d’avoir un chez-soi et de se retrouver en famille. Elle a donc déménagé avec son mari, son fils et sa fille à Villars-sous-Yens, d’où est originaire Mario, et où ses parents résident. La famille a d’ailleurs construit sa maison tout en bois, à la norvégienne.


"Plus les années passent, plus je ressens le besoin de retrouver mes racines"


Cela fait maintenant 23 ans qu’ils y sont établis, et bien que Jannike ne se sente toujours pas Suisse, elle n’avait jamais envisagé de quitter le pays jusqu’à il y a quelques années. «C’est étrange. La Norvège ne m’a jamais trop manqué mais plus les années passent, plus je ressens le besoin de retrouver mes racines. Quand on est jeune, on a l’impression que la vie dure à l’infini. Mais avec les années, on s’aperçoit qu’on n’est pas immortel. J’envisage de passer plus de temps en Norvège, de mieux visiter le pays, car j’ai encore de la famille et des amis là-bas.»

Même histoire pour son fils de 30 ans, qui a récemment traversé l’Europe à pied, de la Suisse à la Norvège, afin de mieux découvrir ce pays avec lequel il se sent en phase. «Ce qui est étonnant, c’est que mon fils, bien qu’il soit brun aux yeux bruns, se sent très norvégien. Mais ma fille, qui a deux ans de moins et un physique très nordique, se sent tout à fait suisse. Bien qu’ils aient reçu la même éducation, tous les deux ont un ressenti très différent vis-à-vis de leurs origines norvégiennes», sourit-elle.

Cependant, bien que Jannike se sente encore Norvégienne, elle reste très attachée à la Suisse et notamment au lac Léman, dont la beauté lui rappelle celle des fjords scandinaves. «J’aime ce côté rural et miniature de la Suisse. Comme si tout le monde se connaissait et que tout y était possible. Quand je suis ici, la Norvège me manque. Quand je suis là-bas, je ne fais que de parler de la Suisse. Comme si je n’appartenais ni complètement à l’un ni à l’autre, c’est un drôle de sentiment, raconte-t-elle avec une pointe de nostalgie.

"Mais malgré tout, je ne regrette ni mes choix, ni cette vie de bohème, car elle m’a fait devenir une meilleure personne et j’ai beaucoup appris.» Aujourd’hui, grâce à son onglerie à domicile, Jannike a trouvé son équilibre et son indépendance. Mais le rêve de repartir un jour en Norvège reste toujours présent dans un coin de sa tête, et pourquoi pas envisager un départ à la retraite?


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