11.07.2019, 14:01

Ramadan débouté par la justice genevoise

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La Chambre pénale de recours (CPR) genevoise a débouté Tariq Ramadan pour la deuxième fois.

Justice La Chambre pénale de recours (CPR) genevoise a débouté Tariq Ramadan pour la deuxième fois. L’islamologue voulait imposer le silence à une plaignante et à ses avocats dans le cadre d’une plainte pour viol instruite à Genève.

L’arrêt vient de tomber. Le recours de Tariq Ramadan qui voulait imposer le silence à la plaignante a été rejeté par la CPR, ont indiqué à Keystone-ATS les avocats de la plaignante Robert Assaël et Alec Raymond. Ils confirmaient une information publiée jeudi par la «Tribune de Genève».

«Cet arrêt est logique, la règle étant qu’une partie est libre de s’exprimer sur une affaire, sans dénigrement de l’autre partie. La victime ne s’est jamais exprimée médiatiquement préférant réserver ses déclarations au procureur, même s’il tarde à l’entendre. Ses avocats ont fait des déclarations à la presse, mais avec une mesure qui contraste singulièrement avec les interventions répétées des avocats français du prévenu», notent ses défenseurs actuels.

Des recours

La décision de la CPR fait suite à plusieurs recours. Il y a un an, la défense de Tariq Ramadan, prévenu pour viol et contrainte sexuelle, a demandé au procureur qu’il interdise à la mandante et à ses avocats de parler de la procédure au motif de la présomption d’innocence. Il se plaignait des interventions dans la presse du défenseur de l’époque de la plaignante.

En automne, le Ministère public, puis la CPR, ont refusé d’ordonner le silence à la plaignante. La défense fait alors recours au Tribunal fédéral. En mars 2019, Mon Repos a estimé que les observations de la victime auraient dû être communiquées à la défense. Le TF a alors retourné l’affaire à la CPR.

Liberté d’expression

Dans son arrêt du 3 juillet, la Cour désavoue une nouvelle fois l’islamologue. «Qu’une victime, comme l’intimée apparaît l’être sur la foi des accusations qu’elle porte, ait choisi de laisser ses avocats s’exprimer publiquement, relève de sa liberté d’expression.»

«Dans ce contexte, le recourant ne peut exiger que sa notoriété le mette à l’abri, plus qu’un autre justiciable semblablement mis en cause, d’une divulgation de son identité, même si l’intimée ne laisse percer la sienne», notent les juges.

"La relative fréquence d’échos médiatiques concernant le recourant aux printemps-été 2018 ne saurait s’assimiler à une campagne de dénigrement menée par voie de presse. Par ailleurs, "les médias ont donné la parole à la défense", est-il relevé dans l’arrêt.

Convocation prochaine

Les avocats de Tariq Ramadan ne font pas de commentaire. Quant à la suite de la procédure, une convocation devrait parvenir aux intéressés dans les prochains mois, a récemment communiqué le Ministère public genevois.

L’islamologue, mis en examen en France pour le viol de deux femmes, a passé neuf mois en détention provisoire. Il a été libéré, en novembre 2018 sous caution.

ATS

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